Séville (Espagne), novembre 1984
Lors de la conférence de presse donnée à Séville le 26 novembre 1984 pour la présentation officielle à la presse de la nouvelle Mercedes-Benz série 200-300 (W124), étaient présents les représentants de la Daimler-Benz AG de l’époque : le Dr Rudolf Hörning, membre du directoire responsable du ressort « recherche et développement » ; Friedrich-H. van Winsen, directeur du bureau de développement ; le Dr Bernd Gottschalk, directeur des relations publiques ; et Günther Molter, chef de la presse (Photo Thomas Weisshaar).
Sur ces clichés, on peut voir Juan Manuel Fangio émerveillé par la série W124, le professeur Werner Breitschwerdt, président du directoire de la Daimler-Benz, un journaliste lors de l’essai d’une des 50 W124 présentes, le Dr Rudolf Hörning accueillant les journalistes, et une W124 entourée de deux cavaliers andalous.
À l’occasion de cette présentation, un grand nombre d’objets exposés matérialisaient dans le détail l’incomparable technique de la nouvelle gamme moyenne de Mercedes. Sept années de travaux furent nécessaires pour atteindre le summum de la technique et du design de la série 200-300. « Cette gamme donne ainsi à la raison et au progrès une nouvelle dimension : un idéal fascinant et convaincant, portant la sagesse automobile au plus haut niveau de la technique de pointe Mercedes. » Ainsi s’exprimait le rédacteur en chef Hellmuth Hirschel dans son éditorial de la revue interne Mercedes « In aller Welt », fin 1984.
Le progrès : il fait la différence
C’est en ces termes que Mercedes-Benz présenta sa nouvelle gamme moyenne, de la 200 D à la 300 E, en novembre-décembre 1984. La W124 illustre un nouvel exemple du concept de voitures éprouvé dans le monde entier par Mercedes-Benz, à savoir des berlines conçues pour les loisirs en famille comme pour les déplacements professionnels. Dotée d’un très grand nombre d’innovations techniques et de qualités vraiment étonnantes pour l’époque (son Cx de 0,29 est un record pour une berline tricorps), la nouvelle gamme moyenne pouvait être qualifiée de « nouvelle génération ». La qualité, la sûreté de fonctionnement et le maintien de la valeur sont toujours présents dans une W124. À la fin du XXe siècle, Mercedes accentue son programme de voiture propre. Sur la 3e photo, les couleurs correspondent aux éléments recyclables ou constitués de matériaux de récupération. Là encore, Mercedes est en avance sur bien des constructeurs au milieu des années 80.
Figures emblématiques par excellence, l’étoile et la calandre sont incontestablement les éléments communs à toutes les Mercedes-Benz. Ce cliché montre l’évolution du design depuis les années 50 jusqu’au milieu des années 80 : la calandre se réduit, devient horizontale et s’incline vers l’arrière pour favoriser la pénétration dans l’air. Les phares rectangulaires perdent totalement la forme arrondie qui était symbolique des Mercedes-Benz jusqu’à l’arrivée de la W201 en 1982. Le plastique et les matériaux composites se généralisent progressivement avec cette nouvelle génération, afin d’améliorer la sécurité en cas d’accident, de réduire la consommation et d’assurer un recyclage optimal du véhicule en fin de vie. Dès 1984, Mercedes lance les grandes lignes de ce que seront les véhicules du XXIe siècle.
C’est très précisément le 9 janvier 1985 que les 1 294 premières unités de la nouvelle classe moyenne Mercedes (série 124) quittent l’usine de Sindelfingen pour rejoindre les distributeurs allemands et quelques collaborateurs privilégiés. Le lancement officiel de la nouvelle série débute le 10 janvier 1985.
Présentation officielle : stand Mercedes-Benz lors du Frankfurt International Motor Show 1985
Comme on le voit sur ces deux photos, la présentation de la série W124 au public lors de l’International Motor Show de 1985 a attiré une foule venue en masse et créé un véritable élan de curiosité autour de la nouvelle berline de la firme de Stuttgart.
W123 / W124 : ce qui change



Remplaçantes de la série W123, les W124 quatre cylindres sont facturées au prix de la série W123.



Différentes par leurs moteurs et leurs performances, les W124 sont identiques dans leur conception, leurs caractéristiques et l’étendue de leur nouvelle technicité, qui constitue à coup sûr un critère de référence pour cette catégorie de voitures au milieu des années 80.



Présentée d’abord en berline, la gamme W124 s’étoffe d’un break T en septembre 1985, lors de l’IAA de Francfort. En mars 1987, c’est au tour du coupé d’être présenté au salon de Genève, puis, six mois plus tard, à l’IAA de Francfort. En octobre 1990, à Paris, la gamme W124 atteint son apogée avec la présentation de la mythique 500 E, à moteur V8 de 5 litres de cylindrée développant 326 ch (facturée 134 520 marks). La carrosserie, basée sur celle de la 300 E, et le montage final sont pris en charge par Porsche à Stuttgart-Zuffenhausen, mais la peinture et la livraison reviennent à Mercedes, à Sindelfingen.
La sécurité avant tout



Certains systèmes de sécurité ont fait leur apparition sur les W124 : une meilleure résistance de l’habitacle en cas de collision latérale ; des zones de contact particulièrement souples à l’avant en cas de choc avec un piéton ou un cycliste ; des serrures très résistantes, qui ne s’ouvrent pas en cas de choc mais ne se bloquent pas pour permettre de sortir du véhicule ; une planche de bord rembourrée à hauteur des genoux et spécialement conçue pour amortir les chocs ; des traverses très solides entre les montants avant, qui évitent la pénétration du tableau de bord dans l’habitacle et préservent l’espace réservé aux jambes ; des pédales qui basculent vers l’avant en direction du tablier pour éviter des blessures aux pieds.



Le réservoir d’essence est protégé au-dessus du pont arrière. Le coffre à bagages ainsi que la roue de secours servent à absorber l’énergie d’impact en cas de collision arrière. Après un choc, l’habitacle conserve sa forme initiale et les quatre portes s’ouvrent aisément, grâce aux dizaines de crash-tests effectués pour la mise au point des W124. La sécurité de bout en bout, encore une qualité Mercedes.
Une multitude de déclinaisons



C’est en septembre 1991 à Francfort que le cabriolet 4 places (A124) 300 CE fait son apparition, alors qu’en 1992 les moteurs multisoupapes remplacent les anciens moteurs. De nouvelles motorisations arrivent au catalogue avec les 2.8 L et 3.2 L, qui remplacent les anciens 3 L, sauf pour le cabriolet et la version 4Matic (4×4). La 400 E est présentée en octobre 1992 ; elle coûte alors 50 000 marks de moins que la 500 E. Elle offre une puissance légèrement inférieure à celle de sa grande sœur, avec 278 ch, mais la vitesse est limitée à 250 km/h pour ces deux modèles. Les versions diesel des W124 adoptent également la technologie à quatre soupapes par cylindre, ce qui permet à la 300 diesel d’être pendant un temps la berline diesel la plus puissante du monde.



En juin 1993, la W124 est proposée avec une nouvelle calandre, de nouveaux phares, une malle de coffre modifiée, quelques autres petits détails esthétiques et un équipement enrichi. Elle change aussi de nom et devient la « Classe E ». La rubrique versions détaille les différentes 124 entre 1984 et 1995.
Mercedes n’a pas oublié de décliner la 124 en limousine. Celle-ci fut, comme toujours, appréciée par les diplomates et autres grandes fortunes du monde entier. D’autres carrossiers se sont également lancés dans l’allongement de ce châssis à succès.
Les W124 n’ont pas seulement été des voitures de tourisme : dans différents pays, leurs diverses déclinaisons ont servi de base à des véhicules utilitaires. Ambulance, police, corbillard… preuve qu’on peut tout faire avec une W124.






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Son confort feutré : large habitabilité, silence remarquable, surtout sur les versions diesel à deux soupapes par cylindre ; bonne isolation de toutes les vibrations mécaniques et des bruits de roulement. La suspension filtre de façon exemplaire les petites inégalités du revêtement : le bilan est infiniment meilleur que sur la BMW Série 5 de la génération précédente. Sa douceur de conduite : les moteurs offrent un fonctionnement onctueux (surtout les 5 et 6 cylindres et les V8), et la direction, parfaitement assistée, n’est jamais fatigante.



Son freinage : à la fois puissant et particulièrement endurant, il est facile à doser et ne perturbe en rien la stabilité de trajectoire. L’ABS est généralisé en série sur toutes les versions à partir de 1990. La boîte automatique : elle se distingue par sa docilité et sa grande progressivité, vraiment confortable. Le comportement des versions 4×4 (4Matic) : il offre une marge de sécurité accrue sur routes glissantes ; proposé sur les 6 cylindres essence et diesel. La version break : bien étudiée, très vaste, elle conserve toutes les qualités de la berline, sans aucun compromis « utilitaire ».
Du préparateur de génie à la folie du tuning



Si la 500 E savait rester sage malgré ses 326 ch, les préparateurs AMG et Brabus ont littéralement fait parler la poudre avec leurs W124 explosives.



Le tuning n’a bien entendu pas oublié la 124 : voici quelques exemplaires qui apportent une autre dimension à la 124 dessinée par Bruno Sacco.
W124 : un passé toujours présent…


Ces illustrations présentent la gamme des berlines Mercedes-Benz des années 85-90. À gauche, les W201, W124 et W126 ; à droite, la W140, qui a remplacé la W126 et reprend la forme initiée par les W201 et W124, mais en beaucoup plus massive.


Au milieu des années 90, Mercedes-Benz donne un coup de jeune à sa gamme avec un restylage qui harmonise les Classes S, E et C. Le millésime 1996 n’existera pas pour les 124 : il sonne la fin de leur production (1997 pour le cabriolet) et l’arrivée des W210, chargées d’assurer la relève (non sans difficultés). Les 124 ont permis au constructeur de réussir le pari de relancer ses activités et de renouer enfin avec les succès commerciaux, grâce à une fiabilité exemplaire et à une qualité de fabrication qui fait aujourd’hui encore référence. C’est ainsi que l’avenir peut se préparer, avec une gamme qui comporte à présent plus d’une vingtaine de châssis différents.



La Mercedes la plus fiable de l’époque moderne
Les 124 s’inscrivent parfaitement dans l’histoire de la berline de classe moyenne du constructeur allemand. Elles ont marqué les débuts de l’informatisation de Mercedes-Benz, préparant la marque aux défis du XXIe siècle. Depuis sa présentation en novembre 1984, les années ont passé et se sont transformées en décennies. Quarante ans plus tard, la W124 est désormais bien entrée dans le monde des voitures de collection. Nous vous recommandons la lecture de deux dossiers écrits par Éric Bergerolle pour le site Challenges.fr. Ils résument très bien l’histoire de la série 200-300 type W124 et son rôle dans la gamme des Mercedes-Benz modernes : Dossier les 20 ans de la W124 – Dossier les 30 ans de la W124. Le nouvel automobiliste fête les 40 ans de la W124 partie 1 et partie 2. Le journal 20 Minutes salue la robustesse de la gamme W124 : « Meilleure voiture de l’histoire ».










